Fonds Ancien Régional

Après 10 ans de fermeture

Le service est accessible gratuitement, sur rendez-vous les mercredis de 10h à 18h.

CONTACT : Fonds Ancien et Régional – Accès accueil Médiathèque François-Mitterrand
Place de l’Échevinage
BP 319 – 17107 Saintes cedex
Tel : 05 46 98 23 83

https://mediatheques.ville-saintes.fr/patrimoine

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Réouverture après 10 ans de fermeture

UN PATRIMOINE INTELLECTUEL ET HISTORIQUE D’EXCEPTION…

Le Fonds ancien et régional des médiathèques municipales de Saintes compte aujourd’hui 400 000 documents, datant du XIe au XXIe siècle.

Ce fonds comporte un grand nombre de documents remarquables et en exemplaires uniques, notamment autour de l’histoire locale.

L’Archéologie, les Beaux-arts, l’Architecture, l’Urbanisme, l’Histoire religieuse, le Bonapartisme, la Culture de la vigne, l’histoire des Chemins de fer, l’Economie régionale, la Culture Saintongeaise, la Vie quotidienne locale, les Arts, les sports, les loisirs…de nombreuses thématiques dotée d’une forte orientation locale sont représentées.

L’ensemble de ces collections patrimoniales n’était plus accessible au public depuis juillet 2011 en raison de leur contamination bactérienne et fongique.

… MAIS MENACÉ

Une mission d’expertise sanitaire réalisée en 2010 par le Laboratoire de conservation de la Bibliothèque nationale de France a mis en évidence une contamination fongique et bactérienne active et élevée des collections. L’étude mentionne que « l’ensemble des moisissures identifiées a la capacité de dégrader le papier, les toiles à base de coton, les colles animales, le cuir et le parchemin ».

Cette situation nécessitait un projet de décontamination d’envergure ainsi que l’assainissement des espaces de conservation.

  • Pendant 10 ans, malgré l’absence du public, de nombreuses actions en vue de la réhabilitation du Fonds ancien et régional, ont été menées (études techniques, rédaction du Projet scientifique et culturel validé par la Direction Régional des Affaires Culturelles, etc.).
  • Les missions concernant les collections se sont également poursuivies : travail de collecte (veille documentaire, gestion des dons et legs), de référencement (inventaire et catalogage), de classement (réorganisation des espaces), de conservation (dépoussiérage et reconditionnement) et de médiation (visites instantanées, trésors en chantier, accueil de classes, réponses aux demandes de chercheurs ou de collectivités, numérisation).

400 000 documents

  •  70 000 Livres et Brochures
  • 167 000 numéros de Presse, issus de 1 700 titres de journaux et revues)
  • 7500 Manuscrits, regroupés dans 1 800 boîtes d’archive.
  • 20 000 dossiers biographiques et thématiques
  • 11 000 Cartes, plans, gravures, affiches
  • 120 000 documents photographiques (photos, négatifs, diapos, plaques de verre…)
  • 4000 Cartes postales
  • 400 documents multimédias (microfilms, vinyles, K7, VHS, DVD)
  • Une centaine d’objets : sceaux, sculptures, tableaux…

Décontamination & Réhabilitation

En 2019, l’effondrement d’une partie de la toiture de l’aile Nord de la Médiathèque a offert l’opportunité de réhabiliter l’espace de conservation qui s’y trouvait, ainsi que celle de créer une salle de consultation publique.

Conjointement, une partie des collections (2km linéaires sur les 3,5) a bénéficié d’un important projet de décontamination. Les collections ont ainsi intégré, à leur retour, des espaces sains et spécialement réhabilités.

LE TRAITEMENT PAR RAYONS GAMMA

Le traitement par rayons gamma, solution couramment utilisée dans d’autres pays pour la décontamination des livres ou des archives, est encore peu adopté en France ; mais en 2016, à la suite de différents tests, les Archives nationales ont choisi ce traitement pour 14 kilomètres linéaires de collections appartenant au site de Fontainebleau.

Ce procédé de stérilisation utilise une irradiation au Cobalt 60 pour tuer les micro-organismes. Les rayons annihilent les moisissures en détruisant leur structure cellulaire. Ce traitement à la capacité élevée de pénétration, favorise des délais d’exécution rapides, pénètre facilement les emballages et est idéal pour de grandes quantités.

La mise en œuvre d’un traitement à l’oxyde d’éthylène, bien connu des archivistes et des bibliothécaires français, exige des délais de traitements plus importants et pourrait endommager les documents sur le long terme

LA RÉHABILITATION DES ESPACES DE CONSERVATION ET LA CREATION D’UNE SALLE DE CONSULTATION PUBLIQUE

De manière concomitante, l’espace de conservation, situé au deuxième étage de l’aile nord de la médiathèque François-Mitterrand, a été réhabilité pour pouvoir accueillir les collections dans un lieu sain à leur retour de décontamination.

Outre la nécessaire remise en service de ce lieu après l’effondrement du toit, les travaux ont permis d’améliorer les conditions de conservation adaptées à ce type de document.

Une salle de consultation a également été aménagée pour accueillir le public et lui permettre de retrouver une partie des collections patrimoniales.

UN DÉPOUSSIÉRAGE MÉTICULEUX

Le dépoussiérage complète le traitement de désinfection. Il permet d’éliminer les spores revivifiables qui peuvent subsister après l’irradiation. Il se fait par aspiration des particules sèches de poussières ou de spores. C’est l’une des meilleures méthodes pour éviter et endiguer le développement des moisissures.

Plusieurs types de dépoussiérage adaptés aux documents patrimoniaux ont été utilisés :

l’aspiration directe avec un aspirateur muni d’une brosse en crin de cheval pour les boîtes de conservation,
l’aspiration indirecte et dépoussiérage manuel à la brosse chinoise pour le dessus des ouvrages fragiles,
la micro aspiration avec un embout en poils de chèvre pour les charnières et côtés fragiles des volumes.

Les collections consultables

Les collections ayant bénéficié du projet de décontamination sont à présent consultables par le public. Toutefois plusieurs ensembles documentaires (fonds général de livres, le fonds général de cartes et plans ou les plaques de verre) sont en attente d’une décontamination et ne sont aujourd’hui pas accessibles au public.

Les manuscrits

1 800 boîtes d’archives dont des manuscrits médiévaux enluminés, le manuscrit de Savigny de 1816 sur le Radeau de la Méduse, des antiphonaires des 17ème et 18ème siècles ou des archives associatives (Les Castors saintais, Le Comité de jumelage Saintes Tombouctou) et politiques (Parti socialiste unifié de Saintes, SFIO).

La presse

500 titres de journaux pour la plupart locaux, dont la collection complète de l’Indépendant de la Charente-Inférieure (1848-1944) et de Sud-Ouest édition de Saintes depuis 1944, des bulletins de sociétés savantes, des revues scientifiques et techniques, commerciales ou culturelles.

La réserve précieuse

Environ 2 000documents parmi lesquels : des incunables, une sélection des plans et cartes (dont le premier plan aquarellé de Saintes par Braun daté de 1560), l’acte de donation de l’église Saint-Eutrope de Saintes à l’Abbaye de Cluny du 11 janvier 1081.

Le fonds photographique & des cartes postales

Le premier est composé de photographies, négatifs, diapositives. Avec plusieurs dons de photographes professionnels locaux.

Les cartes postales représentent en grande majorité les rues, monuments, événements de Saintes et des Charentes. (4 000)

Les autres collections

205 documents sur des dossiers thématiques sur les associations ou les évènements saintais.

Ainsi que les 6.000 livres et brochures des fonds Martineau et Eschasseriaux, ainsi que 20 000 brochures du fonds général.

Le fonds Multimédia

Composé de vinyles, dvd, VHS portant sur des thématiques locales.

Une histoire singulière

La Maison Martineau

La famille Martineau s’installe en 1857 dans l’ancien couvent des Jacobins situé au cœur de la ville. Le père Gustave, puis le fils, Maurice, négociants saintais en cognac, transforment le lieu en un hôtel particulier de style néo-classique. Maurice Martineau y intègre, début XXème, des éléments plus modernes, comme une cheminée et un vitrail Art nouveau.

L’hôtel Martineau est un écrin en grande partie protégé au titre de l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques (1987 et 2005).

Deux parties sont classées : le vestige de l’ancienne église dominicaine, avec sa grande baie gothique flamboyant, et la chapelle Rochechouart attenante.

Sont inscrites les façades des ailes sud et ouest ainsi que l’intérieur de nombreuses pièces : salle à manger, salon, bureau, salle de billard, salon de musique et de poésie…).

L’édifice conserve les décors tels que Maurice Martineau et sa femme les avaient imaginés, avec la participation d’artistes comme les céramistes Théodore Deck et Emile Müller pour la réalisation des décors intérieurs (cheminées, plafonds) ou l’atelier de Marcel Delon pour les vitraux

L’étonnante richesse qui constitue le Fonds Patrimonial s’explique très largement par l’histoire saintaise et par le dynamisme du territoire. Les domaines économiques et culturels, l’archéologie, les Beaux-arts, la viticulture, l’histoire des chemins de fer, la circulation fluviale et maritime ont enrichit les collections depuis plusieurs siècles.

C’est en tant que chef-lieu du Département que Saintes s’est dotée en 1796 d’une école centrale et de sa bibliothèque. Publique, celle-ci s’est constituée grâce à des confiscations révolutionnaires provenant d’autres de bibliothèques religieuses et privées de la Saintonge et de l’Aunis.

Puis avec la disparition des écoles centrales en 1802, la bibliothèque de Saintes est attribuée à la municipalité. Des études en art, en médecine ou en droit rejoignent alors les livres et les manuscrits jusqu’ici essentiellement dédiés aux religions et à l’Histoire.

En 1871, un incendie accidentel cause d’énormes pertes, seuls 7 000 documents sur les 22 300 sont épargnés. La Ville transfert la bibliothèque alors située à l’ancien Doyenné (actuel Hôtel de Ville) au beffroi de l’ancien échevinage (actuel Musée de l’Échevinage).

Le bibliothécaire Louis Audiat s’emploie alors à reconstituer les collections. En 5 ans, après un appel aux dons très suivi, il inventorie plus de 11 000 livres, manuscrits, cartes, gravures et journaux. En 1906, son successeur, Charles Dangibeaud, continue de développer un fonds universaliste tout en collectant des documents régionaux.

En 1939, la bibliothèque municipale intègre l’hôtel particulier Martineau. Bibliophile et grand collectionneur de la mémoire saintongeaise, Maurice Martineau avait légué en 1928 à la Ville de Saintes sa collection, « La Martinienne », composée de 10 000 documents saintongeais, ainsi que son hôtel particulier, afin d’y installer la bibliothèque publique.*

Depuis les années 1950 et jusqu’à la leur dissociation dans les années 1980-90, la lecture publique et le Fonds Patrimoine cohabitent dans un même lieu